Laurence Vielle

« Ancêtres «

C’est d’abord un voyage à Sulawesi, une île en Indonésie.

En 2017, en Belgique, l’Indonésie a été le pays mis « à l’honneur » par Europalia (un focus culturel

tous les deux ans sur un pays, festival important en Belgique).

Laurence Vielle, dans ce cadre-là, est partie là-bas pour écrire sur les rituels aux ancêtres, très

présents encore sur l’île de Sulawesi.

Pendant 15 jours, Faisal Oddang, un écrivain/chercheur de Makassar, l’a emmenée de tribu en tribu.

Voyage qui a laissé en elle une empreinte forte, puissante.

Le livre « ancêtres » est né.

Premières lectures avec le musicien Vincent Granger dans le cadre d’Europalia en novembre 2017.

En mai 2018, seconde représentation.

William Petit, danseur chorégraphe, sur le plateau du Senghor à Bruxelles, les rejoint.

La poésie de Laurence Vielle (comédienne et auteure) est orale, rythmique, parfois incantatoire,

parfois chantée, documentaire aussi. Très directe.

Vincent Granger y imprime toute sa force et sa richesse musicale.

Le corps de William Petit acte les vibrations sonores.

Cela parle de rituels, du temps laissé donné aux morts, à la mort, à ce fil ténu entre la vie la mort

Cela parle du voyage, d’une cérémonie où 60 buffles sont égorgés pour honorer la morte,

d’un chaman qui dit qu’il est le chef du pays du centre du monde, là où tout a commencé.

Un « bissu » qui plante une lame dans sa gorge; il est en transe, la lame ne le transperce pas.

Il parle aux esprits et leur dit « esprits, venez, nous sommes vos enfants, nous sommes vos

enfants ».

Cela danse, cela chante, cela prie, cela rit.

Et après le spectateur a le corps transporté et aux lèvres, les questions :

« dis-moi, il y a un mort qui habite en toi ? Il te visite ? Tu lui parles de temps en temps ? (…) Prends

le temps d’aimer le mort, c’est la vie que tu honores. »

Beauté.